Le programme régional de Entrez en Résistance

David Cabas

Notre ambition pour la Bretagne

David Cabas, président du parti local Entrez en Résistance dans la quatrième circonscription du Morbihan sera présent sur la liste Debout la France, Debout la Bretagne dans l’esprit d’organiser un front de résistance contre le système UMPSFN.

Notre région traverse une période difficile. De nombreux observateurs remarquent que la Bretagne ne traverse pas une simple crise. Notre région est en pleine mutation, en recherche d’un nouveau moteur.

L’Industrie agroalimentaire, l’industrie automobile, les télécommunications ainsi que le monde agricole traversent des heures sombres. Face à cela, nous avons un Jean-Yves Le Drian et toute une clique de politiciens impuissants de gauche comme de droite et sans aucun idéal pour notre région.

Face à la jacquerie des bonnets rouges, notre gouvernement n’a apporté que des miettes avec son pacte d’avenir pour la Bretagne, une grosse rustine constituée de crédit pré-existant.

Pour entrer de plain-pied dans le XXIe siècle, notre projet pour la Bretagne tient à faire face à notre premier ennemi : le pessimisme. Retrouver la grandeur de la France et montrer toutes les possibilités qui existent pour notre région d’entrer dans le nouveau monde.

Nous développerons nos idées autour de :

  • Nous ne serons plus les Bécassine de l’UE, de Euro et de l’OTAN.
  • Pour un bouclier rural breton.
  • La Betagne : une histoire d’humanisme.
  • Transport en Bretagne : pour un nouveau plan Freycinet.
  • L’urgence agricole.
  • Faire face à la crise agricole.
  • Urgence industrielle : pour une économie productive de pointe et pionnière en Bretagne.La Bretagne doit dire non aux éoliennes, oui au nucléaire.
  • Énergie en Bretagne.
  • La quatrième génération : vers un nucléaire civil intrinsèquement sûr.
  • Un musée de la découverte l’Arcouëst.
  • La formation professionnelle : face à l’injustice et la mutation économique bretonne.
Nous ne serons plus les Bécassine de l'UE, de Euro et de l'OTAN

Bécassine

La région Bretagne doit faire face comme toutes les régions de notre pays à de graves coupes budgétaires. Cette austérité est exigée par l'oligarchie européenne et bancaire afin de renflouer une dette illégitime. Nous devons d'abord nous opposer à ces politiques d'austérité destructrices.

L'UE et l'euro sont en train de plonger l'Europe dans la misère. L'UE est une organisation anti-démocratique qui avec la Troïka impose l'austérité au peuple européen, afin de sauver le système bancaire européen en faillite et l'euro à coup de milliers de milliards d'euros.

Les traités européens ont dépossédé les États-nations de la souveraineté monétaire, interdisant aux États européens de frapper monnaie, poussant ainsi les États dans les griffes des marchés financiers et des banquiers cupides. L'usure des intérêts a généré une dette. Cette dette illégale et illégitime est devenue un processus de pillage.

S'ajoutant à cela, l'euro, une monnaie unique inadaptée à de nombreuses économies européennes, détruit des pans entiers de l'économie productive, engendrant chômage et chute des recettes fiscales.

Les pays du sud de l'Europe payent très cher leur adhésion à l'euro, et les coups d'état financiers se succèdent. L'UE a imposé un véritable dictat. Hier, en imposant un accord honteux à la Grèce, aujourd'hui, en imposant le camp de l'austérité au Portugal alors qu'il a perdu les élections législatives.

Pourquoi s'opposer à l'OTAN

Premièrement parce que Jean-Yves Le Drian est ministre de la Défense et qu'il se comporte comme le toutou de la politique militaire américaine et de l'OTAN.

Ensuite parce que les politiques d'agression impériale de l'OTAN sont responsables des guerres qui ont plongé l'Irak, la Libye et la Syrie dans le chaos, responsables du développement du terrorisme international ainsi que de la crise des migrants en jetant des millions de personnes sur les routes vers l'Europe.

La politique arrogante de l'OTAN vis à vis de la Russie est aussi responsable de l'aggravement de la crise agricole bretonne avec les sanctions de l'UE et les contre-sanctions de la Russie. Les sanctions russes contre les produits agricoles européens empêchent nos produits agricoles d'aller sur le marché russe. Les tensions avec la Russie sont largement entretenues par les États-Unis et l'OTAN.

Nous devons cesser notre soumission à l'OTAN, nous devons rejeter Jean-Yves Le Drian, et nous devons nous inspirer des paroles du général de Gaulle à Alain Peyrefitte : « Vous avez déjà vu un grand pays s’engager à rester couillonné, sous prétexte qu’un traité n’a rien prévu pour le cas où il serait couillonné ? Non. Quand on est couillonné, on dit : « Je suis couillonné. » Eh bien, voilà, je fous le camp ! »

D'abord, il faut sortir du piège de l'UE et revenir à une Europe d’États-nations souverains. Les nations peuvent librement coopérer, il n'y a nul besoin d'un carcan anti-démocratique et destructeur.

Afin de faire face à la tyrannie du monde de la finance, nous mettrons en place notre alternative anticrise, anti-austérité :

Ouvrir une enquête parlementaire afin de déterminer qui sont les vrais responsables de la crise qui détruit nos emplois et gâche nos vies depuis si longtemps, et détruit notre avenir.

Organiser un audit de la dette afin de déterminer les dettes illégitimes (intérêts usuraires, cadeaux fiscaux, etc.) qui ne seront pas payées et les dettes légitimes (services publics, infrastructures, fonctionnaires) qui seront honorées.

Adopter une vraie loi de séparation bancaire afin de protéger l'épargne des contribuables, des entreprises et des collectivités locales, et organiser la mise en faillite des spéculateurs qui ont joué et perdu.

Rétablir la souveraineté monétaire en sortant de l'euro et en revenant au crédit public afin de financer l'équipement de l'homme et de la nature.

Face au défi qui nous est lancé, ne soyons pas cette bretonne naïve et sans bouche que fut Bécassine.

Le général de Gaulle disait :

Pour être elle-même, c’est-à-dire indépendante, elle devait garder les mains libres, mais pour être fidèle à elle-même, elle devait aussi soutenir une grande querelle ; son génie est d’éclairer l’Univers.

La France doit retrouver les desseins de la politique étrangère gaullienne.

Pour un bouclier rural breton

bouclier

La Révision générale des politiques publiques (RGPP) de Sarkozy, la Modernisation de l’action publique de Hollande ou encore les multiples plans d’austérité avec les baisses des dotations aux collectivités territoriales et aux services publics mettent en danger la population. Principalement la classe moyenne et les plus faibles qui habitent en milieu rural.

La Bretagne doit travailler au désenclavement de nos territoires. L’austérité met en danger notre vie de tous les jours en fragilisant nos hôpitaux, nos écoles, notre justice, nos transports collectifs. Il y a aussi les métropoles rennaise, brestoise et nantaise qui déshabillent le monde rural.

La population de notre région augmente, même en zone rurale, notre population vieillit, nos responsables politiques de gauche comme de droite restent impuissants face à la disparition des services publics en milieu rural et à la concentration des services publics en métropole.

La Bretagne doit se battre pour réparer l'injustice que suppose toute privation d'accès à un service public. La Bretagne doit être partie prenante dans l'aménagement du territoire et prendre en compte l'implantation des services publics de qualité et de proximité.

Le région produira des cartes en anamorphose afin de visualiser le temps qui sépare chaque service public de ses usagers, afin d’accompagner les départements, les communautés de communes, les SCOT et les communes dans le schéma de cohérence territoriale.

La population augmente dans notre région, nous devons donc avoir plus de services de proximité. La thèse selon laquelle nous ferons mieux avec moins est une fraude dangereuse. Avec moins de polices, de gendarmes, de douaniers, de pompiers, de médecins, ce sont les citoyens que nous mettons en danger.

Le Bouclier rural doit comprendre :

  • Une garantie d’un service d’urgence à moins de 30 minutes de chaque habitation
  • Des bureaux de Poste en quantité suffisante
  • Un maillage de gendarmeries et de casernes de pompiers suffisant (au minimum dans tous les anciens chefs-lieux de canton)
  • Des médecins et des infirmières en quantité suffisante
  • Une école primaire par commune
  • Des transports scolaires à moins de 500 m de l’habitation
  • Des maisons du département et de la région accessibles facilement par le plus grand nombre
  • Chaque citoyen français a le même droit, nous ne pouvons accepter de payer plus cher les services publics ruraux.
  • Chaque foyer doit être relié au haut débit
  • C’est aussi un transport collectif en milieu rural repensé
La Betagne : une histoire d'humanisme

panoramioUn esprit de liberté, de promotion de la dignité humaine et du bien commun a souvent soufflé sur la Bretagne.

Nous avons tout d'abord le Club Breton, un groupe de députés de Bretagne aux États généraux, puis à la Constituante, qui avait l’habitude de se réunir au café Amaury au n° 36 de l'avenue de Saint-Cloud à Versailles, pour « débattre à l'avance les sujets qui devaient être traités aux États généraux » touchant à la Bretagne ou à d'autres sujets. C'est au Club breton que se décida et se prépara, l'abolition des privilèges qui devait être obtenue dans la nuit du 4 août 1789.

Au début du siècle dernier, sous l'impulsion l'encyclique Rerum novarum de Léon XIII, en 1891, et inspirés par le Sillon de Marc Sangnier, fondé en 1894, s'est développé en Bretagne un grand réseau de catholicisme social, avec, pour les plus connus, Henri Mancel, Louis Bridel, Félix Trochu, Augustin Crublet. Ces Abbés démocrates se sont battus pour libérer les ouvriers et les paysans de la tutelle féodale de l'aristocratie monarchiste, des grands propriétaires terriens ainsi que des grands patrons.

Plus tard, pendant l'occupation nazie, les bretons ont aussi été très présents dans la résistance, beaucoup d’entre eux ayant traversé la Manche pour rejoindre les forces de la France Libre. Vous connaissez sans doute l'exemple mémorable des 128 pêcheurs de l'Ile de Sein qui se rendirent à Londres après l'appel du Général de Gaulle. N'oublions pas non plus la résistance organisée dans nos maquis, notre circonscription a connu le plus grand maquis Breton, celui de Saint Marcel. Les maquisards y étaient formés à la guerre sous la direction des SAS et du Colonel Maurice, ce qui permit à cette armée de résistants de gagner une bataille contre la puissante Wehrmacht, le 18 juin 1944.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, c'est Tanguy Prigent, jeune paysan du Trégor, résistant et élu du peuple, qui fut nommé ministre de l'Agriculture dans le gouvernement provisoire. Il proposa une loi de modernisation de l'agriculture qui mit fin au féodalisme des propriétaires des métairies.

Les idées des abbés démocrates ont refait surface dans la Bretagne d'après-guerre, à travers l'action que menèrent les militants de la Jeunesse agricole catholique (JAC) et de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).

Dans les années après guerre, les forces vives de la Bretagne et plusieurs personnalités bretonnes se sont organisées pour mettre en place un projet ambitieux de développement dans une Bretagne très en retard économiquement (90 % des logements ruraux sont sans eau courante contre 34 % en France) avec le CELIB (Comité d'étude et de liaisons des intérêts bretons). Ce groupe fit pression sur les institutions parisiennes pour obtenir un plan de développement de la région. Ils obtinrent de Paris la première centrale nucléaire française, le barrage de la Rance, le développement du réseau routier et ferroviaire, le creusement du port de Roskoff, une implantation régionale de grandes entreprises comme PSA Rennes, ce qui constitua la piste de décollage de l'économie bretonne et créa les conditions du « miracle breton ».

Depuis deux à trois décennies, cette flamme pour la bataille brille moins fort. Aujourd'hui la Bretagne est à nouveau tombée entre les mains des grands patrons bretons à travers leurs réseaux, l’Institut de Locarn, le Club des Trente, en Bretagne, et le Club de Bretagne à Paris. Aujourd’hui notre région se divise autour de faux-débats alimentés par les forces en place.

À nous donc de nous mobiliser à nouveau pour sauver la République qui est en train de se faire dépecer par les intérêts de la finance, tuant l'industrie, l'agriculture, les services publics.

Transport en Bretagne : pour un nouveau plan Freycinet

FreycinetLe saviez-vous ?

En 1878, le ministre des Travaux publics, Charles de Freycinet, lança un ambitieux programme de travaux publics, principalement pour la construction de chemins de fer, mais aussi pour des canaux et des installations portuaires.

Afin de désenclaver les régions de notre pays, Freycinet proposa de relier toutes les préfectures et les sous-préfectures. Le 17 juillet 1978, il fit inscrire dans la loi 181 lignes soit 8848 km de chemins de fer.

Freycinet fit adopter les normes régissant les voies navigables et les écluses afin d'harmoniser les cours et qu'ils puissent accueillir des péniches de 300 à 350 tonnes. On parle d'ailleurs encore aujourd'hui de « gabarit Freycinet », norme européenne régissant la dimension des écluses de certains canaux.

Cent ans plus tard, je me demande où est passé tout cet enthousiasme et cette ambition qui animaient nos hommes politiques.

Pour de nombreux élus et citoyens de notre région, la Bretagne, les questions du transport et du désenclavement sont importantes.

Ma bataille pour le transport

J'ai à chacune de mes campagnes attaché une grande importance à la question du transport. J'ai proposé pendant les élections municipales un transport public adapté principalement pour les personnes âgées isolées et les personnes à faibles revenus qui recherchent un emploi.

Aux élections départementales, j'ai défendu un transport par bus adapté et articulé autour de la mise en fonction d'un aérotrain. J'avais en particulier défendu pendant le débat public organisé par Reseau Ferré de France, un aérotrain entre Rennes et Vannes en passant par Ploërmel.

L'aérotrain, c'est quoi ?

aérotrain

Lors des élections régionales de 2010, la liste Bretagne phare du nouveau monde proposait une politique de désenclavement en introduisant un nouveau transport à grande vitesse révolutionnaire : l’aérotrain.

Certains se souviendront de l’aérotrain de Bertin, expérimenté avec le soutien de Charles de Gaulle et Georges Pompidou, entre Saran et Ruan au nord d’Orléans, projet qui fut ensuite tué par le président Valéry Giscard d'Estaing et le lobby de l’acier qui préféreront les rails et le TGV à l’aérotrain.

Le projet avait à l’époque d’indéniables imperfections, mais elles ont été résolues depuis, notamment avec l’invention du moteur électrique linéaire qui permet de remplacer le bruyant moteur d’avion.

Contrairement au TGV, qui doit parcourir de nombreux kilomètres avant d’atteindre sa vitesse maximum, le poids extrêmement léger de l’aérotrain lui permet d’accélérer et de freiner très rapidement, ce qui lui permet d’atteindre rapidement sa vitesse maximum (plus de 400 km/h).

Autre avantage non négligeable, les activités agricoles (élevage, moisson, etc.) peuvent continuer de se dérouler normalement car l’aérotrain est construit en surélévation sur pylônes à plusieurs mètres du sol.

Pour finir, le coût de son infrastructure est très inférieur à celle du TGV : tandis qu'un kilomètre coute moins de 5 millions d’euros pour un aérotrain, il faut compter 15 millions d'euros pour une autoroute et entre 12 et 66 millions d'euros selon le terrain et les normes environnementales pour le TGV.

Ce nouveau transport nous permettra de relier les plus grandes villes bretonnes en quelques minutes.

En ce qui concerne la construction de l'aérotrain, de grandes questions se posent quant à l’avenir de l’usine PSA à Rennes. Ce projet de transport de nouvelle génération permettrait aussi la reconversion de l’industrie automobile bretonne dans la fabrication et l'entretien des aérotrains.

Ce transport de nouvelle génération très rapide et bon marché intéressera de nombreuses régions à travers le monde.

Second grand projet pour la Bretagne

transport fluvial

La Bretagne participera au nouvel essor que va générer le trait d'union fluvial européen, le canal Seine-Nord Europe.

Pour cela, la région, qui gère les voies fluviales bretonnes, doit entreprendre de bâtir non pas des autoroutes fluviales, mais plutôt des départementales voire des nationales fluviales afin de relier le port de Nantes à Saint-Nazaire et ensuite, à partir de la Loire, à l'Ile-de-France et à la Seine.

La France a le plus grand réseau fluvial sous-exploité d'Europe car les gabarits ne sont pas aux normes européennes et qu'il manque des canaux de liaison entre plusieurs parties du réseau.

La Bretagne doit se montrer exemplaire en mettant aux normes ses plus grands cours d'eau, comme le Blavet, le canal de Nantes à Brest et La Vilaine. Elle doit aussi se battre pour que le réseau breton, isolé du reste du réseau français, soit au moins relié jusqu'à la Seine.

Politiciens, nous sommes les penseurs de la Bretagne et de la France de demain. Nous, élus de la Bretagne, nous devons placer la Bretagne dans le monde du XXIe siècle.

J'entends déjà les cris : mais où allez-vous trouver l'argent ?

Je répondrai que nous avons trouvé des milliers de milliards d'euros afin de sauver les spéculateurs et la finance de la faillite. Pourquoi cet argent n'est pas orienté vers le travail humain, vers l'équipement de l'homme et de la nature ?

L'euro s'effondre, l'euro disparait...

La souveraineté monétaire, c'est maintenant... Le crédit public, c'est maintenant. Libérer les énergies vives des régions, c'est aussi se libérer du garrot que représente l'euro.

L'urgence agricole

[caption id="attachment_46069" align="alignleft" width="220"]urgence agricole AFP PHOTO / ERIC FEFERBE[/caption]

La Bretagne doit se battre auprès des agriculteurs non pour accepter les miettes imposées par Paris et Bruxelles, mais pour que soient mises en place de nouvelles règles du jeu au niveau européen. Notre politique agricole actuelle est le démantèlement en règle du travail humain par des prédateurs financiers, causant chaque jour des drames. Ce sont 600 agriculteurs qui se suicident en France chaque année.

Où va l’argent pompé sur la Bretagne et ses agriculteurs ?

Le gouvernement doit avoir le courage de restructurer toute la filière de l’agroalimentaire, en affrontant certains syndicats, les sociétés financières qui intègrent les fournitures pour l’alimentation animale, les élevages intensifiés et la distribution, qui opèrent le plus souvent au détriment de l’intérêt des agriculteurs.

La région doit se constituer en lobby pour le retour d'une juste politique agricole européenne. (Cf. Faire face à la crise agricole.)

Néanmoins, le modèle agricole breton est à bout de souffle. A cela certains évoquent la fin du modèle agricole breton, négligeant l'enracinement agricole historique de la Bretagne et les centaines de milliers d'emplois de l'industrie agroalimentaire. Sous prétexte qu’il serait source de pollution ou trop « productiviste », peut-on laisser mourir cette part de notre pays ? Notre réponse est non.

Valoriser les produits bretons

Nous connaissons tous le Comté, le jambon de Bayonne, le saucisson sec... Notre grande région agricole, à part quelques exceptions, n'a pas su valoriser son savoir-faire agricole, restant dans des produits à faible valeur ajoutée. La région Bretagne doit rompre avec cette fatalité, et définir avec le monde agricole, l'industrie agroalimentaire et tous les partenaires concernés une nouvelle stratégie pour une meilleure valorisation de la production agricole bretonne.

Circuit court

Pour soutenir le monde agricole breton, la région Bretagne doit promouvoir partout où il est possible dans la restauration collective (restaurants scolaires, restaurants d'entreprise, hôpitaux, etc.) la consommation de produits agricoles locaux.

Agrobiochimie

Des conflits incessants entre producteurs et écologistes empoisonnent notre région.

Le type d’agriculture pratiquée en Bretagne peut et doit être amélioré, à condition que la mutation soit progressive et soutenue par des aides publiques de la région. Il s’agit de passer d’une agriculture à dominante chimique à une agriculture prenant en compte le sol et l’environnement, non comme un support inerte mais comme un espace vivant : une agrobiochimie.

Nous proposons que notre région, qui a été à l’avant-garde de l’agriculture productive du début des années 1960, fondée sur des intrants chimiques, se situe de nouveau à la pointe en adoptant la conception agrobiochimique du XXIe siècle.

Qu'arrive-t-il exactement en Bretagne ? Le sol subit une quantité croissante d’intrants chimiques (engrais, herbicides, pesticides…) qui le rendent vulnérables à un lessivage par les eaux de pluie, ce qui conduit à l'érosion des sols et à la diffusion des nitrates et des phosphates.

Il faut sortir de cette situation par le haut. En considérant les sols non comme un milieu inerte sur lequel on répand des choses pour produire, mais comme un processus vivant auquel on fournit les meilleures conditions possibles de vie. C’est une réévaluation de la minéralisation de l’humus à laquelle il faut procéder, redonnant au métier d’agriculteur un sens plus créateur. Aujourd’hui, si l’on examine les sols traités depuis une cinquantaine d’années avec les outils de la microbiologie, l’on s’aperçoit que les sols agricoles sont trop « resserrés » : la culture en labours profonds avec des apports toujours accrus d’engrais chimiques et de pesticides leur ont fait perdre leurs populations microbiennes et fongiques, ce qui a induit une perte de nutriments. Sur ces sols rigides, à biomasse appauvrie, les chutes de pluie lessivent les surfaces et entraînent une érosion.

Il est donc nécessaire qu’on aide les agriculteurs à devenir « médecins des sols » pour les restaurer et les préserver par des techniques respectueuses de leur vie et de leur fonctionnement en tant qu’agroécosystèmes complexes. Cela suppose une formation, à laquelle la région doit participer, en encourageant la réalisation et la diffusion des méthodes de mesure de l’activité micro-biologique des sols. Enfin, les agriculteurs, convaincus qu’ils pourront obtenir de meilleurs rendements par une meilleure connaissance et prise en compte du fonctionnement des sols, doivent recevoir des aides nécessaires à la reconversion. Cela comprend la protection des fonds de vallée, des zones humides, la reconstruction des haies, des talus et la culture du sol sans l’éroder, en le « griffant » plutôt qu’en l’ouvrant par des labours profonds avec épandage excessif de produits y tuant la vie. Cela comprend aussi les incitations à la conversion en cultures pérennes dédiées à la production de fourrage de haute qualité.

Agriculture de demain

La Bretagne ne doit pas prendre de retard dans l’équipement mécanique et robotique qui permet de libérer du temps pour le producteur ainsi qu'une meilleure précision dans l'irrigation et l'épandage. Robots, drones, satellites, systèmes embarqués, tracteurs sans chauffeur sont le futur de l'agriculture. La région doit impulser le cap.

La Bretagne doit devenir un pôle d’alimentation. Tout d’abord en mettant en place un pôle universitaire d’excellence sur la valorisation de l’agriculture, en associant les fermes à la formation et à la recherche. Son histoire, son expertise, ses réussites peuvent être des modèles pour d'autres régions du monde.

L'humanité accueillera 10 milliards d'êtres humains en 2050 ; il nous faut doubler la production agricole mondiale. Agriculteur est le grand métier du futur, la Bretagne a son rôle à jouer. Ici, nous définissons les lignes de notre grand dessein agricole et agro-alimentaire.

Faire face à la crise agricole

Faire face à la crise agricole

Alors que le salon agricole de Rennes, le SPACE, s'est ouvert en septembre, je propose une autre lecture de la crise agricole ainsi qu'une alternative.

L’agrobusiness : de la ferme à la firme

La dérégulation, avec la complicité des grands syndicats agricoles européens, les banques et l'union européenne, met en péril la modèle agricole français.

Le modèle agricole français consiste à faire vivre une famille autour d'une ferme de moins 100 hectares avec environ une cinquantaine de vache, ce modèle étant répliqué dans les différentes productions agricoles. Ce modèle agricole français participait à l’aménagement du territoire, à la garantie de la qualité du produit et a l'élévation des niveaux de vie en milieu rural.

Politique de soumission

Aujourd'hui, avec la polémique de la ferme des 1000 vaches et le nouveau plan Beulin, il s'agit de faire mourir les plus petits et faire grandir le plus gros au nom de la compétitivité sur les marchés internationaux.

Ce choix politique est un choix de soumission à la dérégulation. Il s'agit de produire à tout va, de casser les prix sur les marchés internationaux. Cette volonté demande le sacrifice du modèle français. Dans la loi de la jungle imposé par l'union européenne seul les plus gros sont appelés a survivre.

La PAC

Pour sauver notre modèle français, le nécessaire retour à la PAC initiale.

Les objectifs initiaux de la politique agricole commune ont pour but :

  • d’accroître la productivité de l’agriculture en favorisant le progrès technique, en assurant le développement rationnel de la production agricole ainsi qu’un emploi optimum des facteurs de production, notamment de la main-d’œuvre ;
  • d’assurer ainsi un niveau de vie équitable à la population agricole, notamment par le relèvement du revenu individuel de ceux qui travaillent dans l’agriculture ;
  • de stabiliser les marchés ;
  • de garantir la sécurité des approvisionnements ;
  • d’assurer des prix raisonnables dans les livraisons aux consommateurs.

Face a une certaine germanophobie qui se développe, je tiens à rappeler les raisons pour laquelle Charles de Gaulle refusait l'entrée de la Grande Bretagne au sein de l’Europe de Six. La profonde crise agricole actuelle donne tout son sens.

Le 14 janvier 1963, lors d’une conférence de presse à Paris, de Gaulle déclare :

Après avoir fait quelques pressions sur les Six pour empêcher que ne commence réellement l’application du Marché commun, l’Angleterre a demandé à son tour à y entrer, mais suivant ses propres conditions. Cela pose, sans aucun doute, à chacun des six États et cela pose à l’Angleterre des problèmes d’une très grande dimension.

L’Angleterre, en effet, est insulaire, maritime, liée par ses échanges, ses marchés, son ravitaillement, aux pays les plus divers et souvent les plus lointains. Elle exerce une activité essentiellement industrielle et commerciale et très peu agricole. Elle a, dans tout son travail, des habitudes et des traditions très marquées, très originales.

Bref, la nature, la structure, la conjoncture, qui sont propres à L’Angleterre, diffèrent profondément de celles des Continentaux.

(…) Par exemple, le moyen par lequel se nourrit le peuple de Grande-Bretagne, c’est-à-dire en fait l’importation de denrées alimentaires achetées à bon marché dans les deux Amériques ou dans les anciens Dominions, tout en donnant encore des subventions considérables aux paysans anglais, ce moyen-là est évidemment incompatible avec le système que les Six ont établi tout naturellement pour eux-mêmes.

Le système des Six consiste à faire un tout des produits agricoles de toute la Communauté, à fixer rigoureusement leurs prix, à interdire qu’on [les États individuels] les subventionne, à organiser leur consommation entre tous les participants et à imposer à chacun de ces participants de verser à la Communauté toute économie qu’il ferait en faisant venir du dehors des aliments au lieu de manger ceux que fournit le Marché commun.

Plus de 50 ans après cette conférence de presse, je me permettrais d'ajouter : La Grande Bretagne après détruit toute idée de protectionnisme européen et de préférence communautaire et après avoir imposée l'idée du libre échange. La Grande Bretagne veut quitter l'Union Européenne. La Grande Bretagne n'a plus besoin de l'union européenne pour continuer son business.

Le protectionnisme intelligent

En 1998, Emmanuel Todd réédita le système national d'économie politique de Frédéric List. List, penseur du protectionnisme intelligent, a joué un grand rôle dans l'unification de l'Allemagne au 19ème siècle. Dès l'introduction de ce livre, il attaque Adam Smith et le libre échange britannique. List démontre comment les Britannique à travers l'histoire on imposé leur pouvoir et détruit des économies grâce au libre échange. Tout défenseur du protectionnisme intelligent doit lire ce livre.

Face à l'urgence agricole

Nos agriculteurs sont endettés jusqu'au cou comme la Grèce. Une exploitation sur dix est au bord de la faillite, un agriculteur se suicide tous les deux jours.

Ce qu'ils réclament et que nous soutenons, c'est de vivre dignement de leur travail, ils ne demandent pas des aides, mais réclament des prix.

Notre Plan d'urgence pour sauver nos agriculteurs

  1. Arrêter les sanctions contre la Russie, en contrepartie la Russie lèvera l'embargo sur les produits agricoles
  2. Rétablir des prix plancher garanti.
  3. Revenir à la préférence communautaire.
  4. Organiser un moratoire et une restructuration de la dette des agriculteurs
  5. Arrêter l’accumulation de normes et de règlementations « écologiques » ou « climatiques »
  6. Arrêter les négociations sur le Traité de libre-échange transatlantique

Si ce plan de base pour sauver notre agriculture n'est pas accepté par l'union européenne , nous devons remettre en cause notre appartenance à ce club de destruction d'économie nationale. Nous devrons alors s'inspirer de Charles De Gaulle

Quand on est couillonné, on dit : je suis couillonné et je fous le camp !

Urgence industrielle : pour une économie productive de pointe et pionnière en Bretagne

urgence industrielle

L'une des missions principales de la Région est de définir une politique économique en lien avec le territoire.

Les stratégies mondialistes des grandes firmes, la financiarisation de l'économie et le non-respect du travail humain et de la créativité ont provoqué le déclin de l'industrie française. Les crises successives qui ont frappé l'industrie agroalimentaire, les télécommunications ou encore l'industrie automobile ont violemment bousculé le monde breton.

Les atouts

La Bretagne a une dense implantation de PME/PMI, elle génère près de 87 milliards d'euros et se place en 7e position sur le plan national [par rapport à quoi, à quel critère? Parce qu'après tu dis qu'elle est 5e]. La Bretagne a une économie innovante, elle se classe en 5e position des régions françaises avec près de 500 brevets.

La faiblesse

L'économie bretonne s'oriente toujours plus vers une économie de services, le tourisme et le tertiaire. Il manque un moteur à l'économie productive bretonne.

Un rappel d'économie rudimentaire : c'est l'agriculture, l'industrie, les PME/PMI et l'artisanat qui produisent la richesse. Un secteur tertiaire ne peut se développer que sur de saines bases d'une économie productive.

La région Bretagne dispose d'un grand nombre d'organismes pour aider et développer l'économie et soutenir l'innovation dans notre région. Il faut l’animer en fonction de notre projet, qui est une révolution dans la production en vue de faire entrer la Bretagne dans le XXIe siècle, et non aménager le modèle actuel.

Les fonctions de veille et d’intelligence économique, de promotion de l’innovation économique et sociale, d’orientation et de suivi des projets d’investissement ainsi que de création et de transmission d’entreprises seront mises au service des orientations du futur définies dans notre projet. La Bretagne doit définir un horizon en donnant une nouvelle impulsion. Bref, la région doit être réellement le pilote de la Bretagne dans une phase de mutation critique, et non une instance se bornant à coordonner et à promouvoir les intérêts en place.

Prototypage rapide

L’usine PSA et le groupe Legris S.A. ont mis à la disposition des étudiants du Campus de Ker Lann un centre d’expérimentation de soudage industriel par laser, un microscope à balayage électronique ainsi qu’un centre de prototypage rapide et d’usinage à grande vitesse. Cet équipement industriel et scientifique est aussi essentiel pour de jeunes chercheurs et ingénieurs que pour les industries qui bénéficient du fruit de leurs travaux et recherches. La région Bretagne doit disséminer sur l’ensemble des campus bretons ce genre d'initiative.

Fab Lab citoyen

La région promouvra la création d'un laboratoire de fabrication (Fab Lab) afin que chaque citoyen de notre région puisse exprimer sa créativité et participer au dynamisme des PME/PMI en inventant, en prototypant et en mettant au point de nouveaux objets. La Bretagne est déjà partenaire de certains Fab Lab, comme celui de Rennes. Aujourd'hui, il s'agit de démocratiser au maximum cette initiative.

Stratégie régionale économique

Les aides et subventions iront aux secteurs prioritaires : les technologies de pointe associées à nos projets de transport, la reconversion de l'industrie automobile, le nucléaire de la quatrième génération, la valorisation des productions agricoles bretonnes, l’agrobiochimie, l'agriculture du futur, la construction et la déconstruction navales et l’espace maritime.

En centre Bretagne seront instaurées des zones franches afin de faciliter l'implantation de nouvelles entreprises innovantes et productives génératrices de travail qualifié. Il est hors de question qu'une zone franche au milieu de la Bretagne serve les intérêts d'entreprises qui rémunèrent mal leurs ouvriers et salariés.

La région Bretagne ne doit pas être l'instrument du haut patronat breton (Produits en Bretagne, Club des Trente, Institut de Locarn). Ce haut patronat breton, les Guillemot, les Bolloré, les Pinault et autres, est un véritable loup financier déguisé en blanche hermine. Ce haut patronat breton qui se veut le champion d'une économie mondialisé, mais qui refuse tout développement d'infrastructures dans la région. Il utilise l'image de la Bretagne comme vitrine. Ce monde de l'argent roi est le complice d'un système bancaire et financier prédateur qui pille le travail humain au profit de l'économie fictive, du grand casino de la City et de Wall Street. Il est aussi complice des drames sociaux de notre région. Ce haut patronat rétrograde et réactionnaire s’avèrera le plus grand obstacle dans notre projet pour un nouveau miracle breton.

La Bretagne doit dire non aux éoliennes, oui au nucléaire

centrale thermique

Si nous voulons redonner à la Bretagne la dynamique de développement qu’elle a connue par le passé, il va falloir lui procurer tous les atouts pour qu’elle redevienne une région industrielle de pointe. Le passage à l’idéologie postindustrielle des années 70-80 a mené à la financiarisation et à l’avènement d’une économie de services. La Bretagne, même si elle reste un pôle industriel majeur en France, n’est plus que l’ombre d’elle-même: des côtes qui voient leur population doubler ou tripler en été, et un intérieur quasi-désert, isolé, fui par une population en manque de travail, d’accès aux soins, de vie.

Sans tissu industriel local, pas de travail, pas de produits de qualité, pas de qualifications. Les petits boulots de l’économie de services ne sont qu’un pis-aller intenable sur le long terme. Le récent lancement de la marque « Bretagne » par le Conseil régional est une farce coûteuse (entre 250 000 et 450 000 euros) qui, censée promouvoir la production bretonne en France et à l’étranger, ne règlera pas le problème du chômage de masse qui touche les jeunes et les plus de 50 ans.

Nous militons donc pour une relance générale de l’économie de production, permettant d’équiper l’homme et les territoires, pour que le monde de demain ne soit pas l’Égypte de Moubarak ou la Tunisie de Ben Ali – une main-d’œuvre exploitée.

Or, si nous voulons de l’industrie, il nous faut de l’énergie. Beaucoup d’énergie. Car la Bretagne, qui ne produit que 8 % de l’électricité qu’elle consomme, fait partie des régions les plus fragilisées électriquement et donc les plus vulnérables à un black-out. Répondre à cela par les plans d’« austérité citoyenne » EcoWatt et Virevolt est le comble du ridicule.

La politique énergétique du Conseil régional s’avère donc, de ce point de vue, catastrophique. Éoliennes, éoliennes, éoliennes, on n’entend plus que ce mot par toute la Bretagne. Éoliennes terrestres autour du Mont Saint-Michel (qui risque ainsi d’être déclassé du patrimoine mondial de l’humanité), éoliennes offshore (venant dénaturer les paysages de la Baie de Saint-Brieuc) et même, maintenant, éoliennes flottantes (projet au large de l’île de Groix).

Or, contrairement aux idées reçues, le vent, qui n’est que du vent, ne peut être considéré comme une énergie renouvelable. Une éolienne demande en effet dix ans avant de restituer l’énergie qui fut nécessaire à sa production. De plus, elle s’arrête de tourner en période de grand froid ou de grosses chaleurs – c’est-à-dire aux moments où on en aurait le plus besoin –car les températures extrêmes se produisent lors des phénomènes météorologiques anticycloniques. Pas de vent, pas d’électricité ! Trop de vent, même problème ! Et si l’on pense qu’une masse de 100 mètres de haut et de 200 tonnes de métal (plus 700 tonnes de béton pour les fondations d’une éolienne de puissance moyenne, et jusqu’à 100 kilos de terres rares extraites en Chine dans des conditions destructrices pour l’environnement) est « écologique », c’est qu’il y a un problème quelque part !

Cette frénésie éolienne a pu prendre son envol surtout parce que l’État force EDF à racheter le KWh ainsi produit au quadruple de son prix réel, et au final c’est donc nous, les contribuables, qui payons la différence.

L’idée en vogue, dans tout ce débat, est la création d’un nouveau bassin d’emplois grâce aux futures industries de production éolienne bretonne. Certes, si les Shadoks passaient allègrement leur temps à pomper, faudra-t-il que les Bretons s’époumonent à souffler pour faire tourner leurs éoliennes ?

La Bretagne, donc, si elle veut gagner le droit au développement à long terme, doit se mettre à la pointe du nucléaire ! Or, si l’on veut aller dans cette direction, c’est tout un lobby écologiste qu’il faut affronter. L’opposition est déjà forte contre la construction de la ligne à très haute tension qui délivrera l’électricité générée par le futur EPR de Flamanville.

De plus, le Conseil régional, sur proposition du groupe Europe Écologie-Les Verts-UDB, a bêtement voté le refus d’installer à l’avenir des unités Flexblue au large des côtes bretonnes. Le Flexblue, dont le concept vient d’être dévoilé par la DCNS, est une mini-centrale nucléaire (maximum 250 MW) embarquée dans un sous-marin, qui, posé sur les fonds marins à quelques kilomètres des côtes, pourrait fournir l’électricité nécessaire à une ville comme Brest (située en bout de chaîne du transport électrique breton, c’est la grande ville la plus vulnérable lors d’un pic de consommation d’électricité).

Les petits réacteurs nucléaires à haute température de quatrième génération (tandis que l’EPR, présenté habituellement comme le fin du fin technologique, est en retard d’une génération) à sécurité intrinsèque, sont également une piste qui représenterait un bon appoint pour la Bretagne. Il est regrettable, de ce point de vue, que l’Afrique du Sud, leader mondial de la recherche sur les réacteurs à lits de boulets, ait abandonné son programme, privilégiant le financement de la Coupe du monde de football…

Aujourd’hui, seul le nucléaire est capable de générer des densités d’énergie suffisantes pour engendrer les actions qui nous permettront d’aménager le monde de demain. Faire vivre trois millions de Bretons avec du vent, autant s’épuiser à souffler dans un vieux biniou crevé ! Breton à la tête dure, ton avenir est dans l’atome !

Énergie en Bretagne

Candu site

Sans énergie stable, pas de développement économique pour la Bretagne

Nous avons lu dans le site d'un think tank breton : « sans usine pas d'emploi. » Ce même think tank est beaucoup moins sérieux parlant d'énergie. Je serais tenté de dire : « pas d'usine sans énergie ». Nous affirmons ici que l'énergie dite « verte » n'est pas une base satisfaisante pour le développement économique de la Bretagne.

D'abord, la Bretagne ressemble à une cuisine qui n'est pas aux normes : une prise électrique murale avec des rallonges multiprises sur des rallonges multiprises branchées sur de multiples appareils électroménagers. Cela sent la catastrophe assurée.

En bout de réseau, la Bretagne ne produit que 11% de l'électricité qu'elle consomme. La Bretagne n'a aucune indépendance énergétique.

En plus, nous avons constaté une baisse de la consommation électrique qui s'explique principalement par le ralentissement de l'économie et par la destruction de l'économie productive bretonne, signifiant hausse de chômage, de précarité et de pauvreté.

Énergie renouvelable

Nous ne voulons pas d'une Bretagne écolo destructrice d'industrie et vouée au tourisme.

1) Arrêter les éoliennes et le photovoltaïque sur lesquels nous ne pouvons pas développer notre économie. Les seuls gagnants sont les pilleurs de subventions à l'énergie verte.

2) Arrêter aussi le bois-énergie. Nous devons protéger nos forêts contre l'idéologie verte qui voudrait transformer nos forêts en bois de chauffage. Ce sont pourtant les mêmes qui parlent d'économie de papier et qui brûlent sans aucune gêne le bois... En 2010, lors des élections régionales, la liste EELV voulait imposer à la Bretagne une grande centrale de biomasse à bois.

3) D'autres parlent d'hydroliennes. C'est une énergie extrêmement chère par rapport à ce qu'elle produit. L'entretien est dangereux, difficile et extrêmement cher. D'ailleurs, les remarques de Charles de Gaulle inaugurant le 26 novembre 1966 l'usine à marée motrice de la Rance, qui fonctionne selon le même principe, sont tout à fait intéressantes. Après les éloges habituels sur le travail accompli, il dit à René Pléven : « C’est une magnifique réalisation qui fait honneur à notre pays. Mais je ne crois pas que nous en referons. Cela coûte trop cher. Et puis, il y a maintenant les centrales nucléaires. Enfin, cela permettra de développer le tourisme dans la région ! »

flexblue crédit photo france métallurgie

Le nucléaire

Nous sommes témoins de la catastrophe du choix allemand de sortir du nucléaire, d'abord avec la précarité énergétique que cela a impliquée, ensuite avec la hausse du coût de l'électricité et enfin avec l'impact sur l'environnement de la multiplication des centrales à charbon.

L'image du nucléaire est négative en Bretagne. Ce que je trouve paradoxal, c'est que les Bretons se battent contre le nucléaire civil, source de développement, mais acceptent les très dangereuses bombes nucléaires...

La Bretagne doit faire un choix courageux. La Bretagne doit laisser les moulins à vent et à eau au passé. La Bretagne doit rentrer pleinement dans le XXIe siècle avec le nucléaire du futur.

Vers le nucléaire durable, vers le nucléaire de 4e génération

Comme pour le transport, où la Bretagne doit faire le pas vers les trains à grande vitesse de nouvelle génération avec l'aérotrain, elle doit aussi faire ce pas dans l'énergie.

L'EPR d'Areva est une technologie nucléaire dépassée et ruineuse : il ne s'agit que d'un réacteur classique auquel on a ajouté de nouvelles procédures de sécurité informatiques et beaucoup de tuyauterie.

Avec le réacteur HTR, la sécurité est intrinsèque : plus besoin de système de vapeur d'eau pour contrôler la température de la réaction nucléaire. De petite taille, le HTR fournira de l'électricité stable (200 MW) pour le développement de notre région.

La température élevée de fonctionnement permettra en outre :

  • Le dessalement de l'eau de mer
  • La production de chaleur pour du chauffage
  • La production en abondance d'hydrogène, l'énergie de demain.

La Bretagne ne peut louper la marche du progrès scientifique et technologique.

Stop au commerce de guerre, oui au développement de l'humanité

Dans l'onglet précédent La Bretagne doit dire non aux éoliennes oui au nucléaire, nous mettons en lumière le refus du président du Conseil régional Jean-Yves Le Drian de produire en Bretagne des centrales nucléaires sous-marine flux blue.

Il faut résoudre le grand paradoxe de la Bretagne, refusant le développement d'un nucléaire civil alors que l'on y stocke la majorité des bombes nucléaires françaises dans la rade de Brest.

Jean Yves Le Drian s'est fait un nom en tant que vendeur d'armes. Pourtant !

Les compétences en science nucléaire de la rade de Brest (outre les bombes, il y a aussi la propulsion nucléaire des sous-marins) devraient servir à la paix et au développement. Avec la technologie flex blue de la DCNS, nous pourrons devenir partenaires du développement des pays du Sud, immédiatement. Puis nous pourrons apporter des technologies du futur bon marché comme l'aérotrain, les centrales nucléaires de quatrième génération et l'agriculture. La Bretagne a les compétences pour participer au développement matériel de l'humanité.

La quatrième génération : vers un nucléaire civil intrinsèquement sûr

Nucléaire : la quatrième génération, c’est déjà demain !

Le nucléaire n’est pas une technologie donnée à un moment donné. Il s’agit de l’application continue de découvertes scientifiques nouvelles, créant une dynamique de production d’énergie supérieure aux précédentes en raison d’un flux de densité d’énergie beaucoup plus élevé par unité de surface et par opérateur, tout en assurant une sécurité quasi absolue. Cette dynamique permet d’élever au rang de ressources ce qui n’était auparavant que des éléments inutiles. Les réacteurs de la quatrième génération en sont une étape essentielle, qui convient particulièrement bien à des régions ayant des besoins immédiats mais plus modestes en énergie, pour garantir une source d’approvisionnement sûre, autonome et constante. C’est en France le cas de la Bretagne, pour laquelle cet accès est le seul moyen de désenclavement et d’autonomie accrue. Nous engageons donc ici le débat sur ce qui représente – ici et maintenant – la source d’énergie ouvrant les portes du futur dans les meilleures conditions possibles.

Les déboires de l’EPR d’Areva en Finlande, en France et sur les marchés d’exportation comme les Émirats Arabe Unis (qui ont préféré le projet sud-coréen, mieux adapté à leurs besoins), la décision d’EDF de prolonger de dix ans la vie de ses 34 réacteurs de 900 mégawatts, les coupures d’électricité en Bretagne, tous ces éléments posent de manière urgente le besoin d’accélérer le passage aux réacteurs nucléaires de quatrième génération, à l’étude un peu partout dans le monde depuis une trentaine d’années déjà !

Les travaux du Forum international Génération IV de l’Agence internationale de l’énergie atomique, regroupant neuf pays dont la France, et dont la mission est de sélectionner et de développer, à l’horizon 2030-2035, ces « réacteurs du futur », ont pris beaucoup de retard.

Si ces systèmes sont encore à l’état de simples concepts, c’est qu’ils ne sont pas la priorité des agences nationales de recherche comme le CEA, qui sont devenues de simples équipes de veille technologique en raison des coupes budgétaires dont elles sont victimes depuis des décennies. Quant aux chercheurs qui y travaillent, ils sont désabusés, démoralisés, et ont souvent perdu la foi dans le développement du nucléaire civil à grande échelle dans le monde.

D’autre part, la plupart des partenaires commerciaux participants, comme Areva avec son hypothétique projet de réacteur à haute température Antares, ont réduit leurs capacités de recherche pour se concentrer sur des objectifs à rentabilité immédiate comme l’EPR, ainsi que la production à grande échelle d’éoliennes inefficaces et très coûteuses, convenant uniquement aux pays riches et développés.

Heureusement, l’émergence de nouveaux acteurs comme l’Afrique du Sud, l’Inde et la Chine vient bousculer la donne. Leurs efforts pour développer rapidement des réacteurs de quatrième génération viennent casser la logique de cartel supranational, monopolistique et commercial des grands acteurs occidentaux.

La « quatrième génération » regroupe des concepts révolutionnaires et une grande variété de filières technologiques. Ici, nous allons nous concentrer en particulier sur deux programmes nationaux d’une importance stratégique pour l’humanité, et décrire le caractère concret de la recherche conduite dans le cadre de ces deux programmes.

1. Les réacteurs à haute température : le PBMR sud-africain

Le Pebble Bed Modular Reactor (Réacteur modulaire à lit de boulets, PBMR) est né de la volonté de la compagnie nationale d’électricité sud-africaine ESKOM de construire des réacteurs nucléaires de taille modeste pouvant s’adapter à la demande des pays en voie de développement et ne pouvant absorber des sauts de 1000 MW ou plus dans la génération et la distribution d’électricité.

Commencé en 1995, le PBMR s’inspire du réacteur de recherche AVR construit en Allemagne dans les années soixante-dix et quatre-vingt, mais abandonné par la suite. Il s’agit d’un réacteur de 165 MWe (e pour électrique) et de 400 MWt, (t pour thermique, montrant pourquoi il est avantageux, lorsqu’on le peut, d’utiliser la chaleur directement à des fins industrielles). Pour la première fois dans l’histoire de l’industrie nucléaire, il sera construit en série, dans une usine spécialement conçue à cet effet. Les modules seront produits dans de brefs délais et à un coût bien plus abordable que les réacteurs actuels, et pourront être livrés par voie maritime partout dans le monde. Le délai entre le passage de la commande et la mise en ligne ne dépassera pas deux ans.

La construction d’un premier module de démonstration devrait démarrer d’ici quatre ou cinq ans, après des travaux de mise au point soignés, suivie des premiers réacteurs commerciaux avant 2020.

Outre la fabrication à une échelle industrielle et en série, le PBMR présente deux autres aspects révolutionnaires.

boulets

D’abord sa sécurité « intrinsèque », en raison des boulets qui constituent son combustible. Ceux-ci contiennent des microbilles d’uranium enrichi enrobées de carbure de silicium et de carbone pyrolytique, puis rassemblées avec du graphite pour former des sphères de la taille d’une balle de tennis, enveloppées dans une coquille de céramique pouvant soutenir des températures extrêmement élevées.

Dans les réacteurs classiques, fonctionnant à des températures avoisinant les 350°C, le combustible est contenu dans des gaines de zirconium en forme de grand crayon, qui ne peuvent soutenir des températures de plus de 700°C sans se déformer. Il existe toujours un risque, quoique faible et bien maîtrisé, que les réacteurs classiques entrent en surchauffe suite à une perte du liquide agissant à la fois comme réfrigérant et modérateur de la réaction nucléaire, et que la température dépasse alors les 700°C, même si la réaction s’est entre-temps arrêtée. La déformation des « crayons » de combustible pourrait, quoique que ce soit hautement improbable, conduire à une reprise de la réaction et à un emballement du réacteur.

Dans le cas des réacteurs à lit de boulets, à sécurité dite « intrinsèque », ce risque est nul, car la mise en œuvre d’un principe de moindre action découlant d’une maîtrise supérieure des lois de la physique ne demande aucun mécanisme supplémentaire, ni aucune intervention active de l’homme.

Les boulets recouverts de céramique sont conçus pour résister sans déformation à des températures largement au-dessus de celle que pourrait atteindre le réacteur (1600°C) en cas d’incident. Lorsque la température augmente de façon excessive, la réaction s’arrête automatiquement, et le réacteur est conçu pour dissiper la chaleur accumulée de manière naturelle et plus rapidement que dans les réacteurs classiques. Ainsi, le risque d’emballement de la réaction est éliminé à la source.

Autre élément significatif, l’hélium utilisé pour extraire la chaleur au cours de la réaction (pour générer soit de l’électricité, soit de la chaleur à usage industriel) est un gaz inerte, ne pouvant pas se combiner chimiquement aux autres éléments présents dans le cœur du réacteur et ne pouvant, par conséquent, provoquer des réactions non souhaitées.

Soulignons ici que l’EPR d’Areva est à cet égard une « véritable usine à gaz », car plusieurs mécanismes de sécurité ont été empilés – pour des raisons de rentabilité financière immédiate – sur une technologie déjà ancienne, basée sur des principes physiques de première ou de deuxième génération.

Le deuxième atout du PBMR est lié à sa haute température de fonctionnement et à l’utilisation de l’hélium comme réfrigérant, au lieu de l’eau lourde ou sous pression normalement utilisée aujourd’hui. L’hélium permet de travailler à des températures bien plus élevées que dans les réacteurs conventionnels, conduisant à un meilleur rendement lors de la conversion de l’énergie thermique en électricité et ouvrant la voie à de multiples usages industriels de la chaleur. Cette chaleur sera directement utilisable dans la pétrochimie, la transformation des matières premières, le dessalement de l’eau de mer et, à terme, la production d’hydrogène à grande échelle, lorsque nos sociétés seront prêtes à basculer dans l’ère de l’hydrogène pour les transports individuels.

La conception du PBMR intègre déjà ces multiples usages de la chaleur. Trois modèles de taille et de forme identiques seront déclinés dans une gamme comprenant :

  • Un modèle à vocation électrogène uniquement ;
  • Un modèle à usage double (co-génération d’électricité et de vapeur à usage industriel à 570°C), et même triple, où la chaleur restante pourra être utilisée pour le dessalement; et
  • Un modèle produisant de la chaleur de très haute température (950°C ou plus), pour craquer les molécules d’eau par un processus thermochimique et produire de l’hydrogène.

Le PBMR est maintenant dans sa phase finale de conception. Seize sphères de combustible ont déjà été fabriquées en Afrique du Sud puis envoyées en mars 2009 en Russie pour être testées dans des conditions d’irradiation réelle. Les analyses devraient être bientôt terminées. Deux complexes permettant de tester les conditions de transfert de la chaleur à haute pression et à haute température, associées à l’utilisation de boulets de forme sphérique, ont été construits en Afrique du Sud en août 2006 et en juillet 2007, et le programme d’essai devrait bientôt arriver à son terme. Un autre complexe permettant d’étudier le comportement de l’hélium dans les échangeurs, le système de manutention des éléments de combustible, ainsi que le futur système de contrôle du réacteur, est en opération depuis avril 2007.

Des études avancées sont déjà en cours pour l’usage de la chaleur dans les sables bitumineux de l’Alberta, au Canada, ainsi qu’avec la société sud-africaine Sasol pour la fabrication de combustibles synthétiques à partir de charbon. Aux Etats-Unis, PBMR est partenaire d’un consortium industriel mené par Westinghouse, à qui un contrat a été accordé par le Département de l’énergie pour une étude sur la production d’hydrogène.

2. Les réacteurs au thorium : le programme nucléaire indien

Le grand avantage du thorium, situé deux cases à gauche de l’uranium dans le tableau périodique des éléments, est qu’il est disponible dans la nature en quantités beaucoup plus grandes que celui-ci. Il est trois fois plus abondant que l’uranium et, si on prend en compte que seule une faible partie de l’uranium naturel est fissile, c’est-à-dire l’uranium 235 constituant 0,71% du total, cela signifie que l’abondance relative du thorium est encore bien plus grande.

Le principal minerai de thorium est la monazite, un phosphate de thorium et de terre rare. On le trouve sous forme de grands gisements en Bretagne, en Australie, en Inde et en Turquie. On trouve également de la monazite à forte teneur en thorium en Afrique, en Antarctique, ainsi qu’en Amérique du Nord et du Sud.

Le thorium 232 est un isotope fertile : en absorbant un neutron, il se transmute en thorium 233, qui se désintègre ensuite en protactinium 233, puis en uranium 233, un isotope fissile comme l’uranium 235, mais totalement absent dans la nature.

Nehru et BhabhaL’effort de recherche le plus consistant, aujourd’hui dans le monde, dans la mise en œuvre de combustibles nucléaires de substitution comme le thorium, est lié au programme lancé en 1957 par Homi Jehangir Bhabha, le père du programme nucléaire indien. (Ici avec Nehru à gauche)

Bhabha faisait remarquer qu’en raison des faibles ressources en uranium de son pays, du coût et de l’effort technique associés à l’enrichissement de l’uranium, il serait préférable pour l’Inde de mettre en œuvre un plan en trois phases : la première consisterait à importer et à améliorer en interne des réacteurs à eau lourde fonctionnant entièrement avec de l’uranium naturel, c’est-à-dire non enrichi en uranium 235. Le plutonium récupéré dans les éléments de combustible usé permettrait ensuite, au cours de la deuxième phase, de construire des surgénérateurs capables de convertir en plutonium 239 l’uranium 238 restant dans les combustibles usés engendrés au cours de la première phase, ou bien celui contenu dans l’uranium naturel, et par conséquent d’ »allonger » les faibles réserves du pays. C’est pourquoi on les appelle surgénérateurs, car ils permettent de produire plus de noyaux fissiles qu’ils n’en consomment, en l’occurrence du plutonium. La troisième phase consisterait à développer une nouvelle génération de surgénérateurs capables de convertir les nombreuses réserves de thorium indiennes en uranium 233.

Pour Bhabha comme pour les autres pères de l’indépendance indienne, la question de l’autosuffisance énergétique était primordiale, de même que celle de l’autosuffisance alimentaire à l’origine de la révolution verte des années soixante. Il s’agissait pour ce pays de se libérer le plus complètement possible de l’emprise coloniale à laquelle il avait été assujetti depuis plus d’un siècle, et la liberté passait en outre par le progrès scientifique et technologique, une chose qui n’est guère plus comprise aujourd’hui en Occident, où l’on confond allègrement progrès scientifique et scientisme.

L’Inde possède maintenant dix-huit réacteurs à eau lourde pressurisée fonctionnant à l’uranium naturel, dont quatorze unités d’une capacité de 220MWe largement dérivées du modèle canadien CANDU, et deux d’une capacité de 540MWe, de conception entièrement indienne. La maîtrise de ce type de réacteur et du processus de recyclage du combustible usé montre que la première phase a atteint sa pleine maturité. La voie est ouverte pour la production du plutonium 239 nécessaire à la deuxième phase.

Avec la mise en route de son surgénérateur d’essai le 18 octobre 1985 à Kalpakkam, l’Inde est entrée dans la deuxième phase de son programme. Le pays fait maintenant partie du club d’élite des nations ayant développé la filière surgénératrice : les Etats-Unis, la France, la Russie, le Royaume-Uni et le Japon. D’une capacité de 40MWe et refroidi au sodium, le réacteur s’inspire du surgénérateur français Rhapsodie, mais modifié et entièrement construit avec des moyens indiens.

Forte de son expérience acquise, l’Inde se prépare à terminer cette année un surgénérateur prototype de 500 MWe, également refroidi au sodium, complétant ainsi la deuxième phase, celle des surgénérateurs, et ouvrant le passage à la troisième, celle du thorium. Dévoilé à la communauté scientifique internationale en juin 2007 à Istanbul, un deuxième grand surgénérateur de conception révolutionnaire, le FTBR (Fast Thorium – ou Twin – Breeder Reactor), d’une puissance de 600 MWe, capable de fertiliser à la fois de l’uranium 238 et du thorium 232, est en phase de planification avancée. Il constituerait à proprement parler un réacteur de quatrième génération, tant par la pleine maîtrise d’un prototype dans un contexte d’exploitation commerciale de la filière surgénératrice refroidie au sodium, que par le passage au thorium comme combustible de substitution.

Ainsi, par son utilisation du plein potentiel de l’uranium naturel comme matière première et l’introduction du thorium comme nouveau combustible, l’Inde s’apprête, après l’abandon de Superphénix et de la filière surgénératrice par la France en 1997, à ouvrir une nouvelle ère pour l’humanité, marquée par une énergie électrique abondante, permettant de préparer la transition vers la fusion nucléaire contrôlée.

Ici aussi, le PBMR pourrait ouvrir de nouvelles possibilités, car le carbone-14 accumulé dans les boulets de graphite et d’uranium pourrait être éliminé par des bactéries grâce à la « bioséparation des radio-isotopes », et le combustible régénéré pour réutilisation ultérieure. Des recherches en ce sens sont présentement en cours en collaboration avec l’Université de Pretoria.

Candu siteNotons également qu’un groupe d’experts désignés par la Société nucléaire nationale de Chine (CNNC), a récemment publié un rapport suggérant l’acquisition de réacteurs canadiens CANDU EC6 pour être utilisés avec du thorium.

Cette deuxième piste serait basée sur la filière à neutrons lents, à l’opposé des surgénérateurs indiens à neutrons rapides. La Chine entend, elle aussi, exploiter ses nombreuses réserves de thorium.

Une fois ces deux familles de réacteurs en opération, la barrière sera franchie et de nombreux projets de quatrième génération verront le jour, combinant le réacteur à haute température sud-africain au surgénérateur U238/Th232 indien – ce qui ne devrait pas être très difficile car le PBMR sud-africain est également inspiré, en plus de l’AVR, du THTR (Thorium High-temperature Reactor) allemand – puis introduisant des combustibles sous des formes nouvelles, comme les sels fondus, et autres innovations largement inconnues du grand public.

Il est grand temps que la France recouvre son esprit pionnier dans ce domaine et se mette sérieusement au travail, en développant, comme en Afrique du Sud ou en Inde, un modèle de référence de la quatrième génération devenant rapidement opérationnel.

Un musée de la découverte l'Arcouëst

ArcouestAu tout début du 20è siècle, un petit groupe d'intellectuels parisiens, unis par leurs idéaux dreyfusards et progressistes, séduits par la beauté du lieu, s'installent pour leurs vacances à l'Arcouëst.

Surnommée « Sorbonne-plage » dans l'entre-deux guerre, l'Arcouëst compte parmi ses habitués de nombreux universitaires tels Marie Curie ou Jean Perrin.

Le groupe, où se côtoient scientifiques, littéraires et artistes, partage une conception de la culture intégrant tout naturellement la science. Ses traditions, mêlant loisirs, science et politique, ont marqué les descendants qui se retrouvent encore aujourd'hui à l'Arcouëst.

L'art, la culture et la science pour le peuple

Un palais de la découverte l'Arcouëst en Bretagne afin de rendre hommage à notre tradition scientifique et aux savants, comme les Curie, les Joliot, les Langevin, les Perrin qui ont fréquenté et qui fréquentent les côtes bretonnes de l'Arcouëst.

L'implantation d'un musée de la découverte en Bretagne est nécessaire afin d’éveiller chez les plus jeunes de Bretagne, ainsi que chez les moins jeunes, la joie collective de la découverte dans la science et l’art par un biais pédagogique interactif. Un musée de la découverte afin de faire face à un certain obscurantisme scientifique dans notre région.

En reprenant le principe du Palais de la découverte parisien, que Jean Perrin et Paul Langevin ont conçu à cet effet, il faut faire participer le public à une série d’expériences cruciales afin que soit revécue par chacun l’expérience passée du découvreur. Ce musée interactif viserait notamment à forger dans l’esprit des citoyens un véritable sens d’identité à travers l’histoire des idées, dans l’astronomie et la science du vivant ainsi que d’autres domaines, permettant à tout citoyen de prendre pleinement conscience de ses pouvoirs créateurs et de sa responsabilité à transmettre cette créativité pour le meilleur des générations à naître.

Les enfants et leurs parents pourraient ainsi découvrir quelle approche scientifique est nécessaire à l’élaboration de la gamme musicale par la géométrie physique, en organisant des ateliers d’écoute de différents instruments et en montrant l’importance qu’il y a à comprendre ces principes physiques musicaux dans la fabrication de ces mêmes instruments et dans la voix humaine du chant bel canto.

Dans le même esprit, une partie serait consacrée à la reproduction d'œuvres d'art : peinture, gravure, sculpture. Il y a aussi une approche scientifique dans les grandes œuvres classiques. Pour les reproduire, il faut apprendre les techniques et comprendre la géométrie.

La question culturelle et pédagogique

L’éveil à la découverte ne peut pas se faire par une accumulation de connaissances mortes et figées sans correspondance avec le contexte historique dans lequel elles ont eu lieu. C’est par le jeu et en revivant l’expérience et le processus de recherche que cela devient possible. En s’inspirant par exemple des différents modules et cycles élaborés par l’organisme « La main à la pâte », ou bien des expériences préconisées par Marie Curie en termes d’enseignement, il serait possible de bâtir une véritable pédagogie autour de l’astronomie, de la science du vivant et de bien d’autres domaines, par des ateliers expérimentaux auxquels participerait le public.

Musée de la Bretagne

Un musée qui retrace l'histoire de notre région et de ses hommes et femmes, un musée pour revivre la vie des générations précédentes, racontant les différentes époques de notre région, les différents développements, racontant la relation de la Bretagne avec le reste du territoire français mais aussi de la Bretagne avec le reste du monde. Exposant toute la tradition humaniste et révolutionnaire de notre région mais parfois aussi ses faiblesses et ses erreurs, un musée pour nous inspirer à construire un demain meilleur.

Un pass musée breton pour les lycéens

La Bretagne mettra en place un partenariat avec tous les musées de notre région afin qu'ils puissent accueillir gratuitement tous les lycées bretons.

La formation professionnelle : face à l'injustice et la mutation économique bretonne

Quimper

La formation professionnelle est l’une des compétences fondamentales des régions. Le défi qu’elle doit relever est double : fournir une seconde chance à ceux qui ont manqué la première, c’est-à-dire corriger les injustices sociales, et en même temps fournir les emplois qualifiés nécessaires aux légitimes mutations économiques. Le droit à la formation doit devenir un droit universel reconnu à chacun et exerçable pour des métiers de l’avenir.

Aujourd'hui, ce sont les personnes déjà les mieux formées qui bénéficient le plus des formations. Pour deux raisons : d’une part les donneurs d’ordres que sont les entreprises forment ceux dont elles ont le plus besoin, c’est-à-dire ceux qui sont déjà formés et qu’elles entendent perfectionner ; d’autre part, les travailleurs déjà qualifiés sont mieux au courant des formations et ont plus d’appétence pour en bénéficier.

Il faut tout d’abord définir les priorités.

Les secteurs prioritaires devront être les technologies de pointe associées à nos projets de transports, la reconversion de l'industrie automobile, le nucléaire de la quatrième génération, la valorisation des productions agricoles bretonnes, l’agrobiochimie, l'agriculture du futur, la construction et la déconstruction naval et l’espace maritime. Or aujourd'hui les priorités de formation vont aux services, au commerce, à l’hôtellerie-restauration, à la bureautique, à l’artisanat, à la propreté, à l'hygiène et à la sécurité. Loin de nous l’intention de nier l’utilité de ces formations, mais à elles seules, elles ne peuvent constituer la base pour une Bretagne du futur. Il y a donc un changement d’orientation à effectuer, qui ne peut venir que d’un engagement du Conseil régional. Les services devront alors être intégrés dans un essor industriel.

Les bénéficiaires prioritaires de cette formation doivent être ceux qui en ont le plus besoin : les jeunes insuffisamment qualifiés, les chômeurs de longue durée, les femmes cherchant un emploi après leur maternité et tous les salariés en difficulté d’insertion.

Enfin, dans le cadre d'un nouveau plan interministériel priorité jeunesse et pour donner une chance nouvelle à ceux qui ont subi de plein fouet les effets de la crise et d’une société destructrice des capacités créatrices humaines, deux possibilités doivent être également utilisées par la région dans le contexte que nous venons de définir.

Un service civique, recevant les jeunes en grande difficulté d’insertion ou victimes d’addictions incapacitantes. Un milieu à l’écart de leur environnement habituel, dans lequel ils bénéficieront d’un suivi spécifique, constituera un point de départ pour leur réintégration.

La seconde concerne les Écoles de la deuxième chance (E2C) lancées en 1996, dans lesquelles chaque jeune participe en alternance à des cours magistraux à l’école et à des stages en entreprise. La région devra davantage s’associer à l’état, aux départements, aux chambres consulaires et à l’Europe pour mettre en place ces écoles, elles aussi associées au projet d’ensemble de la région.

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